En quoi consiste la tâche 3 de l'expression écrite ?
La tâche 3 vous demande de rédiger un texte qui compare deux points de vue sur un fait de société, puis de prendre position sur ce thème. Les deux points de vue sont présentés dans deux documents « courts et simples » d'environ 90 mots chacun. Le texte peut être destiné à un journal, un site Internet, un collègue ou un supérieur hiérarchique : la consigne le précise.
| Élément | Ce que dit le format officiel |
|---|---|
| Documents fournis | 2 textes courts d'environ 90 mots, chacun défendant une opinion |
| Partie 1 | Comparer les deux points de vue : 40 à 60 mots |
| Partie 2 | Prendre position sur le thème : 80 à 120 mots |
| Longueur totale | Minimum 120 mots, maximum 180 mots |
| Destinataire | Journal, site Internet, collègue, supérieur hiérarchique, etc. |
| Durée | 60 minutes pour l'ensemble des 3 tâches de l'épreuve |
Les thèmes sont des faits de société du quotidien : le télétravail, la place des écrans, le logement chez les parents, les animaux de compagnie, les voyages. Le manuel précise aussi que les sujets d'expression du TCF Canada abordent souvent des thématiques tournées vers l'immigration et l'expatriation, notamment vers le Canada.
Source : manuel du candidat TCF Canada de France Éducation international (p. 10 à 12) : « Tâche 3 : rédaction d'un texte (pour un journal, un site Internet, un collègue, un supérieur hiérarchique, etc.) qui compare deux points de vue portant sur un fait de société (1e partie), exprimés dans deux documents courts et simples de 90 mots environ chacun. Le candidat prend position sur le thème traité dans les deux documents (2e partie). »
Répartir ses 120 à 180 mots
La tâche 3 est la seule tâche dont le format fixe une longueur pour chaque partie. Retenez la proportion : environ un tiers pour la comparaison, deux tiers pour votre avis. Une copie autour de 160 mots (50 + 110) laisse une marge de sécurité des deux côtés.
Partie 1 : comparer les deux documents (40 à 60 mots)
La comparaison n'est pas un résumé de chaque texte l'un après l'autre. Le manuel liste parmi les capacités évaluées le fait de comparer deux points de vue et d'être capable de faire une synthèse et de reformuler. Concrètement, trois phrases suffisent :
- Le thème en une phrase, qui montre que vous avez compris le débat : « La question de… divise l'opinion. »
- Le premier point de vue, reformulé avec vos mots et son argument principal.
- Le second point de vue, introduit par un connecteur d'opposition qui le met en relation avec le premier.
Les connecteurs de comparaison font la différence entre deux résumés juxtaposés et une vraie mise en relation :
- Opposer : « à l'inverse », « en revanche », « au contraire », « tandis que », « alors que », « contrairement à » ;
- Rapprocher : « de même », « tous deux », « les deux auteurs s'accordent sur » ;
- Attribuer une opinion : « selon », « d'après », « pour X, … », « X estime que », « X souligne que ».
Partie 2 : prendre position (80 à 120 mots)
La deuxième partie est un mini-texte argumentatif. Le plan le plus sûr tient en quatre temps :
| Étape | Contenu | Longueur indicative |
|---|---|---|
| Position | Votre avis en une phrase claire, éventuellement nuancé | ~15 mots |
| Argument 1 | Une raison, justifiée | ~25 mots |
| Argument 2 + exemple | Une deuxième raison, illustrée par un cas concret | ~35 mots |
| Nuance et conclusion | Reconnaître l'autre point de vue, puis conclure | ~30 mots |
Vous n'êtes pas obligé de choisir un camp à 100 %. Une position nuancée (« je partage plutôt l'avis du premier document, sans rejeter celui du second ») est souvent plus convaincante, à condition qu'elle reste nette : le lecteur doit savoir ce que vous pensez dès la première phrase. Pour enrichir vos exemples selon le thème, voir aussi le vocabulaire du TCF classé par thèmes.
Exemple de sujet corrigé, pas à pas
Voici un sujet d'entraînement rédigé par l'équipe TCFCAD au format officiel, sur un thème lié à l'immigration.
Consigne : Vous écrivez un article pour le site d'une association d'aide aux nouveaux arrivants. Comparez les deux points de vue, puis donnez votre opinion sur le thème « Apprendre la langue avant ou après son arrivée ». (120 à 180 mots)
Document 1 : Pour Karim, ingénieur installé à Montréal depuis deux ans, il faut apprendre le français avant de partir. « Arriver sans maîtriser la langue, c'est perdre des mois », explique-t-il. Selon lui, chercher un logement, ouvrir un compte bancaire ou passer un entretien d'embauche demande déjà un bon niveau. Il a suivi des cours du soir pendant un an dans son pays d'origine. Résultat : il a trouvé un emploi dans son domaine trois semaines après son arrivée. Pour lui, la préparation linguistique est un investissement indispensable.
Document 2 : Sophie, arrivée à Québec l'an dernier, voit les choses autrement. « Les cours, c'est utile, mais on apprend vraiment une langue en la vivant », affirme-t-elle. Elle avait un niveau moyen à son arrivée et a beaucoup progressé grâce à ses collègues, ses voisins et des activités de quartier. Elle rappelle aussi que l'accent et les expressions locales ne s'apprennent pas dans un manuel. Pour elle, attendre d'avoir un niveau parfait retarde inutilement un projet d'immigration qui peut se construire sur place.
La copie modèle (52 + 108 = 160 mots)
Apprendre la langue avant de partir ?
L'apprentissage de la langue du pays d'accueil divise les immigrants. Karim estime qu'il faut maîtriser le français avant le départ, car la langue conditionne l'emploi et les démarches. À l'inverse, Sophie pense qu'on progresse surtout sur place, au contact des collègues et des voisins, et qu'attendre un niveau parfait retarde le projet. (52 mots)
Pour ma part, je partage plutôt l'avis de Karim, sans rejeter celui de Sophie. D'abord, les premières semaines sont décisives : sans un niveau correct, on dépend des autres pour louer un appartement ou comprendre un contrat. Ensuite, un employeur évalue nos compétences dès l'entretien. Par exemple, un infirmier qui comprend mal les consignes ne peut pas exercer en toute sécurité, quel que soit son diplôme. Cependant, Sophie a raison sur un point : aucun cours ne remplace la vie quotidienne pour acquérir l'accent et les expressions locales. En définitive, l'idéal me semble être de partir avec des bases solides, puis de continuer à apprendre une fois installé. (108 mots)
Pourquoi cette copie fonctionne
- Partie 1 sans opinion : la première phrase pose le thème, les deux suivantes reformulent chaque point de vue. Aucune phrase n'est recopiée (« c'est perdre des mois » devient « la langue conditionne l'emploi et les démarches »).
- Mise en relation visible : « À l'inverse » relie les deux opinions au lieu de les juxtaposer.
- Position dès la première phrase de la partie 2, nuancée mais claire.
- Deux arguments + un exemple concret (l'infirmier), introduits par « D'abord », « Ensuite », « Par exemple ».
- Concession puis conclusion : « Cependant… En définitive… » montre que l'on a pesé les deux côtés, un marqueur des niveaux élevés.
- Un titre court, cohérent avec un article pour un site Internet.
Copie faible ou copie forte : ce qui change la note
Voici le début d'une partie 1 typique d'une copie qui plafonne, sur le même sujet :
« Le premier document parle de Karim. Karim est ingénieur à Montréal. Il dit qu'il faut apprendre le français avant de partir. Le deuxième document parle de Sophie. Sophie habite à Québec. Elle dit qu'on apprend une langue en la vivant. »
Le français est correct, mais la copie ne compare rien : deux résumés juxtaposés, des phrases reprises des documents, des détails inutiles (le métier, la ville) et aucun connecteur.
| Critère | Copie qui plafonne | Copie qui progresse |
|---|---|---|
| Comparaison | Document 1, puis document 2, sans lien | Les deux opinions reliées par « à l'inverse », « tandis que » |
| Reformulation | Phrases et citations reprises telles quelles | Idées réexprimées avec d'autres mots |
| Sélection | Détails anecdotiques (âge, ville, métier) | Seul l'argument principal de chaque document |
| Position | Avis flou ou noyé en fin de texte | Avis clair dans la première phrase de la partie 2 |
| Argumentation | Opinions sans justification | Deux raisons, un exemple concret, une concession |
| Longueur | Partie 1 trop longue, partie 2 trop courte | Environ 50 + 110 mots |
Pour savoir comment ces critères se traduisent en note sur 20 puis en NCLC, consultez la grille d'évaluation de l'expression et le barème du TCF Canada : il faut au moins 10/20 en expression écrite pour le NCLC 7, et 14/20 pour le NCLC 9.
Combien de temps consacrer à la tâche 3 ?
Les 60 minutes couvrent les trois tâches. La tâche 3 étant la plus longue et la plus exigeante, nous conseillons de lui réserver 25 à 30 minutes, ce qui suppose de ne pas s'attarder sur la tâche 1 (un message de 60 à 120 mots). C'est une recommandation d'entraînement, pas une règle officielle.
| Étape | Durée conseillée |
|---|---|
| Lire les deux documents et souligner l'idée principale de chacun | 4 min |
| Noter votre position, deux arguments et un exemple | 3 min |
| Rédiger la partie 1 (comparaison) | 6 min |
| Rédiger la partie 2 (avis) | 10 min |
| Relire : accords, conjugaisons, nombre de mots | 3 à 5 min |
Pour le découpage complet de l'heure sur les trois tâches, voir notre guide de l'expression écrite, et pour la tâche précédente, la méthode de la tâche 2.
Les erreurs à éviter à la tâche 3
- Résumer au lieu de comparer : deux paragraphes « le document 1 dit… le document 2 dit… » ne mettent pas les points de vue en relation ;
- Recopier des phrases des documents : la capacité à reformuler est évaluée explicitement ;
- Donner son avis dès la partie 1 : la comparaison reste neutre, l'opinion vient après ;
- Inverser les proportions : une comparaison de 90 mots et un avis de 50 mots déséquilibrent la copie ;
- Argumenter sans exemple : un argument illustré par un cas concret convainc davantage qu'une affirmation générale ;
- Ignorer le destinataire : un article pour un site Internet n'a pas le même registre qu'un courriel à un supérieur.
D'autres pièges valent pour les trois tâches : voir les erreurs fréquentes en expression écrite.
S'entraîner à la tâche 3 avec TCFCAD
La méthode ne devient automatique qu'avec la répétition sur de vrais sujets. Sur TCFCAD, vous pouvez :
- travailler les sujets d'expression écrite récents, classés par mois, chacun avec une correction proposée qui indique le nombre de mots de chaque partie ;
- faire corriger votre copie par le simulateur d'expression écrite avec correction par IA, qui évalue votre copie selon les critères de l'épreuve et vous donne un retour immédiat ;
- vous chronométrer sur l'épreuve complète pour vérifier que vous gardez 25 à 30 minutes pour la tâche 3.
Côté oral, l'équivalent de cette tâche est le monologue argumenté : voir la tâche 3 de l'expression orale.